METTRE DE LA SECURITÉ AUX ENDROITS OU NOUS AVONS ÉTÉ TOUCHÉS…

 

Ce n’est pas tant l’excuse qui répare, mais la sensation d’être à nouveau en sécurité là où l’on a été blessé.

Lorsqu’on a été touché, que ce soit émotionnellement, psychologiquement ou physiquement, une partie de nous reste figée dans l’insécurité.
L’excuse peut être un baume mental, une reconnaissance des faits, mais elle ne suffit pas à apaiser ce qui a été perturbé au plus intime.

Ce que cela soulève, c’est le besoin fondamental de réassurance, de réintégration, de réparation du lien avec soi et parfois avec l’autre. Elle invite à déplacer le regard :

  • de la recherche de justification ou de pardon,
  • vers un besoin plus profond : se sentir en confiance, protégé, accueilli à nouveau dans son intégrité.

La vraie guérison vient quand nous pouvons offrir à notre être blessé un espace sûr, doux, stable – un espace intérieur ou relationnel où il peut enfin respirer.

 

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Ce dont nous avons besoin, ce n’est pas forcément d’excuses, c’est de sécurité aux endroits où nous avons été touchés, blessés, abîmés.

Parce qu’une excuse peut apaiser l’ego…
Mais seule la sécurité vient réconforter l’Être.

 

** La nécessité d’un espace bienveillant pour que la cicatrisation émotionnelle ait lieu
Une blessure invisible a besoin du même soin qu’une blessure physique.
Elle a besoin d’un lieu stable, silencieux, enveloppant.
D’un environnement exempt de menace, de pression ou de jugement.
Car sans cela, la plaie reste à vif. Elle se défend, se referme mal, ou s’infecte d’émotions réprimées.

La guérison profonde se fait dans un espace où l’on peut respirer sans se contracter.
Un lieu – en soi ou autour de soi – qui ne demande rien, qui n’exige rien.
Juste une présence, une douceur, une constance.

Cet espace, parfois, c’est une personne.
Parfois, c’est un silence.
Parfois, c’est une forêt, un souffle, un coin de lumière.
Mais c’est toujours un lieu de sécurité intérieure, où l’on peut s’abandonner à l’instant sans craindre d’être heurté à nouveau.

 

** Certaines blessures ne demandent pas d’être comprises mais contenues
Il est des douleurs qui ne demandent pas d’analyse.
Pas de mots. Pas de pourquoi.

Juste une main posée sur l’âme.
Juste une présence qui dit, sans dire : « Je suis là. Tu as le droit d’avoir eu mal. »

Quand on cherche à comprendre trop vite, on mentalise la souffrance.
On la dissèque. On l’explique. On tente de la faire taire sous des raisons.
Mais ce qu’elle réclame souvent…
C’est un espace pour être sentie, traversée, honorée.
Pas dissoute dans le mental. Pas intellectualisée.
Mais contenue dans l’amour.

Contenir, ce n’est pas retenir.
C’est offrir une coupe sacrée pour accueillir ce qui déborde.
C’est devenir le contenant stable dans lequel l’émotion peut se déposer et se métamorphoser.

 

** Être cette sécurité pour soi-même quand l’autre ne peut (ou ne veut) pas l’être
Parfois, l’excuse ne vient pas.
Parfois, l’autre ne reconnaît pas, ne voit pas, ne sait pas – ou ne peut pas.
Et dans cet espace laissé vide… il y a une clef :
celle de devenir soi-même ce lieu de réparation.

Non pas pour tout justifier.
Non pas pour nier ce qui fut.
Mais pour ne plus dépendre d’un extérieur défaillant.

Alors on réapprend à s’écouter.
À poser des gestes simples de tendresse envers soi.
À dire : « Je vois ce que tu as vécu. Je te crois. Je suis là pour toi. »

Et petit à petit, une sécurité nouvelle se tisse.
Pas dans l’histoire du passé, mais dans la réponse présente.
Pas dans ce que l’autre fait ou ne fait pas,
Mais dans ce que je choisis d’offrir à mes propres parts blessées.

 

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Guérir, ce n’est pas effacer.
C’est créer un lieu si doux, si stable, si sûr…
que même les blessures les plus anciennes peuvent s’y poser.

Et dans cet espace…
Ce n’est plus l’excuse qui répare,
C’est l’amour.